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PRÉVENTION DES ALLERGIES

Thèmes Santé -> Santé
publié le 07/03/2014

 Comme dans les autres pays, le nombre d’allergiques, déjà élevé (1 personne sur 4 au moins), ne cesse d’augmenter en France depuis une quarantaine d’années. Plus de 4 millions de nos concitoyens sont asthmatiques et 5 à 7 millions des 18 à 45 ans souffrent de rhinite allergique, un chiffre d’autant plus inquiétant que la rhinite évolue en asthme dans plus de 30 % des cas.

Pollution atmosphérique
La principale cause de cette explosion est sans conteste l’augmentation de la pollution de l’air, tant extérieure qu’intérieure. Les activités industrielles, le chauffage et la circulation automobile jouent un grand rôle, de manière directe mais aussi indirecte. Les particules fines issues des pots d’échappement, les fumées chargées en micropolluants des usines ou des raffineries de pétrole notamment favorisent en effet la sensibilisation aux grains de pollens et aux moisissures en se fixant sur elles, et aggravent les allergies existantes.

Intérieurs à haut risque

Dans les villes, les logements, aujourd’hui réduits, confinés et humides, permettent aux acariens et aux moisissures de se développer allègrement. Le nombre élevé d’animaux domestiques, chats et chiens surtout, et l’abondance de composés organiques volatils (COV) sont aussi pour beaucoup dans la hausse du nombre d’allergiques. Le formaldéhyde, par exemple, pointé du doigt depuis des années par les allergologues, est libéré dans nos habitations par de très nombreux matériaux et produits : meubles en mélaminé, colles des meubles en aggloméré, certains parquets et revêtements de sol, peintures, vernis, papiers peints, rideaux, produits ménagers (détergents, désodorisants), shampooings, vernis à ongles… De plus, ces polluants chimiques potentialisent la sensibilisation aux acariens.

La consommation de nouveaux aliments exotiques, auxquels nos organismes occidentaux ne sont pas habitués, est également en cause.

CHASSE AUX ALLERGÈNES

Identifier l’allergène auquel vous êtes sensible permet de mettre en place des mesures préventives.

Il ne faut pas sous-estimer le rôle de l’hérédité. Quand un des parents est allergique, l’enfant a 33% de risques de souffrir à son tour d’asthme ou d’une autre forme d’allergie et si ses deux parents sont allergiques, le risque monte à 50%. Cela dit, le terrain familial prédisposant ne suffit pas, il faut encore rencontrer un allergène pour développer une allergie.

Allergènes courants

Il existe plusieurs centaines d’allergènes possibles et, avec la circulation mondialisée de nouveaux produits et aliments, leur nombre ne cesse d’augmenter. Il n’est donc pas toujours facile de trouver le ou les responsables de symptômes allergiques. Le médecin doit souvent mener l’enquête.

• Acariens

Ce ne sont pas des insectes, ils appartiennent, comme les araignées, à la famille des arachnides. Pourvus de quatre paires de pattes aux extrémités recouvertes de griffes et de ventouses, ils sont invisibles à l’œil nu. Ils se nourrissent de squames (peaux mortes), débris d’ongles, poils… humains et animaux et se développent dans les endroits chauds et humides : literies, moquettes, tapis, rideaux, peluches… Surtout en automne et en hiver, quand les logements sont chauffés et peu aérés. Les acariens eux-mêmes ne sont pas allergènes, ce sont les protéines présentes dans leurs déjections et les poussières de leurs cadavres qui le sont, ils restent donc allergisants même morts !

• Pollens

Le Réseau national de surveillance aérobiologique (Rnsa) distingue trois grandes saisons polliniques. La saison des pollens d’arbres s’étend de janvier dans le sud de la France (cyprès, thuya…) à avril avec les arbres à chatons (chêne, bouleau, platane…). Celle des pollens de graminées (phléole, dactyle, ivraie, avoine…) culmine de mai à juillet, plus tard en moyenne altitude. Les pollens d’herbacées commencent, quant à eux, à se disséminer durant la saison des graminées et continuent, selon les régions, jusqu’en automne (ambroisie, pariétaire, armoise, ortie…).

• Autres allergènes

Les blattes (cafards) dans les immeubles et les pièces humides. Certaines moisissures, dans les intérieurs vétustes et mal ventilés. Les poils et les plumes de certains animaux : chats, chiens, chevaux, lapins, oiseaux, rongeurs… Le venin d’hyménoptères (abeille, guêpe, frelon).

 

Certains aliments : chez le petit enfant, lait, œuf, arachide, poisson, crevettes, fruits à coque ; chez l’adulte, la liste est très longue, du kiwi au soja en passant par la pomme, la noix, le céleri, etc. Et aussi le latex (gants de ménage, préservatifs), le nickel, certaines plantes d’appartement comme le ficus et certains médicaments.

Conseils de pharmacien

- Rhinite allergique
Utilisez de l’eau de mer en spray ou du sérum physiologique pour réhumidifier les muqueuses nasales desséchées par les écoulements. Et prenez un médicament antiallergique (antihistaminique) en comprimés, sans ordonnance, pour améliorer les symptômes.

- Conjonctivite allergique
Instillez dans les yeux plusieurs fois par jour quelques gouttes de collyre en dosettes à base de cromoglycate de sodium (sans ordonnance).

- Asthme
Si vous êtes en panne de médicaments (sur ordonnance), votre pharmacien peut vous dépanner avec le conditionnement contenant le plus petit nombre d’unités.
Il mentionnera la délivrance sur l’ordonnance et avisera le médecin prescripteur.

- Inhalateur
Le mauvais maniement d’un inhalateur (plusieurs modèles) peut expliquer l’inefficacité du médicament prescrit. Demandez conseil à votre pharmacien, il vous montrera comment vous en servir.

À la recherche d'allergènes

Même quand l’allergène responsable est évident ou que la réaction allergique semble peu inquiétante, parlez-en à votre médecin qui vous adressera à un allergologue, car l’allergie peut s’aggraver avec le temps au point de mettre la vie en péril (choc anaphylactique). Vous pourrez ainsi éviter l’allergène en cause, limiter les risques d’exposition ou encore entreprendre un traitement. Cette recherche se déroule en plusieurs étapes.

• Interrogatoire rigoureux

II permet de préciser les symptômes, les circonstances dans lesquelles ils se déclenchent, leur rapidité d’apparition, le terrain (les antécédents allergiques personnels et familiaux, le tabagisme), l’environnement et les habitudes de vie.

• Examen clinique

Essentiellement des organes pouvant être touchés (nez, yeux, gorge, bronches) pour les allergies respiratoires.

• Tests cutanés (prick-tests)

Ils consistent à faire pénétrer sous la peau une goutte d’extrait de plusieurs allergènes suspectés. La lecture du résultat se fait après 20 minutes. Une réaction d’hypersensibilité provoque une rougeur de la peau ressemblant au bouton d’une piqûre de moustique, avec gonflement et démangeaison. Cette technique, rapide et indolore, peut être pratiquée chez de très jeunes enfants.

• Examens complémentaires

Si le résultat du test cutané n’est pas interprétable ou bien s’il est négatif alors que les symptômes persistent, l’allergologue recourt à des tests sanguins (recherche d’immunoglobulines spécifiques).

• Exploration du souffle

En cas de difficultés respiratoires ou de respiration sifflante, le spécialiste procède à une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) pour diagnostiquer un asthme allergique. Nez bouché par une pince, le patient souffle le plus vite et le plus fort possible à travers un embout à usage unique placé dans la bouche, relié à un spiromètre.

• Test de provocation

Réalisé avec un petit morceau d’aliment soupçonné en cas d’allergie alimentaire. À l’hôpital impérativement.

À lire

L’HOMME MALADE DE SON ENVIRONNEMENT

Ce livre nous aide à détecter et à neutraliser ce qui peut être dangereux pour notre santé dans notre environnement, à l'extérieur mais aussi chez nous.
Pr Michel Aubier, éd. Plon, 16,90€.

VIVRE MIEUX AVEC LES ALLERGIES DE SON ENFANT

Un ouvrage pour accompagner les familles dans une prise en charge globale et plus autonome.
Dr Jacques Robert, éd. Odile Jacob, 19,20€.

ALLERGIES AU QUOTIDIEN

Guide des premiers secours pour toute la famille.

Un des auteurs est allergique, papa d’allergique et médecin allergologue, l’autre écrit des livres de cuisine. Résultat, un livre de conseils pratiques et précis.
Dr Philippe Auriol et Véronique Olivier, éd. Scrineo, 14,90€.

À faire

Se connecter sur des sites utiles :
-www.allergies.afpral.fr

-www.asthme-allergies.org

-www.asthmatiic.org

-www.jesuisallergique.fr

TRAITER OU DÉSENSIBILISER

Il existe aujourd’hui plusieurs solutions efficaces pour soulager les symptômes ou prévenir la survenue de crises, parfois dangereuses.

Une fois trouvé l’allergène responsable de votre allergie, essayez de le supprimer ou de limiter
les risques. Pour les acariens, évitez édredons et plumes, lavez le linge de lit une fois par semaine en machine à 60 °C et les couettes une fois par mois, supprimez tapis et moquettes. Évitez meubles en bois aggloméré et parfums d’intérieur ; limitez les produits d’entretien en aérosol ; nettoyez le sol avec de l’eau de Javel diluée (pour les moisissures), etc. Impératif : aérez chaque jour.

Médicaments de crise et de fond

S’il est impossible d’éviter complètement l’allergène, un traitement s’impose, variable selon
le type d’allergie et sa gravité. Qu’ils soient respiratoires (rhinite saisonnière ou perannuelle, asthme), oculaires (conjonctivite), cutanés (eczéma ou dermatite atopique, urticaire) ou digestifs (picotements dans la gorge, gonflement des lèvres, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), les symptômes sont pénibles et plus ou moins handicapants. Pour une rhinite ou une conjonctivite ponctuelle,des médicaments délivrés sans ordonnance peuvent suffire. Sinon, le médecin vous prescrira, selon les cas, antihistaminiques puissants, antileucotriènes, corticoïdes en crème en cas de dermatite atopique ou d’eczéma de contact et en spray, ou plus rarement par voie orale, en cas d’asthme, bronchodilatateurs (d’action rapide et/ou à longue durée d’action).

Désensibilisation sublinguale

Pour certaines allergies (rhinite sévère, asthme, œdème de Quincke), la désensibilisation est une bonne solution, car elle permet de prévenir l’apparition d’épisodes allergiques au moins pendant quelques années et l’aggravation de l’allergie. Actuellement, la désensibilisation sublinguale est possible, à partir de 5 ans, pour les allergies au venin d’hyménoptères (par voie injectable), aux acariens, aux chats, aux moisissures et aux pollens par voie sublinguale (gouttes ou comprimés). Elle consiste à prendre de petites doses de l’allergène pour habituer peu à peu l’organisme à le supporter. La plus récente : la désensibilisation aux cinq pollens de graminées les plus fréquentes, par comprimés à laisser fondre sous la langue, plus pratique.

Evelyne Gogien

JARDIN SANS ALLERGIE

Ce n’est pas parce que vous êtes allergique à certains pollens que vous devez renoncer aux plaisirs du jardinage ! Les plantes les plus allergisantes sont celles dont les petits grains de pollen sont disséminés par le vent. Les autres, qui représentent 80 % des espèces, nécessitent l’intervention d’un insecte pour assurer leur fécondation en transférant le pollen de la plante mâle à la fleur femelle. Ce sont en général des plantes à fleurs développées, colorées et odorantes qui attirent les insectes. Pas de problème avec les plantes grimpantes comme chèvrefeuille, glycine, jasmin, ou de terre, laurier-rose, rhododendron, camélia, clématite, chrysanthème, géranium, rose…, les plantes flottantes ou de berge, et les herbes aromatiques.

 

Êtes-vous bien informé(e) sur les allergies, leurs conséquences et leurs traitements ?

Faites le quiz sur notre site www.bienetre-et-sante.fr

 

 

 

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